La rigueur contre le bruit : GIVENCHY AUTOMNE HIVER 2026

Sarah Burton signe sa troisième collection chez Givenchy. On y retrouve ses racines de bâtisseuse (après avoir passé 26 ans chez McQueen) mais aussi une austérité qui frôle parfois l’étouffement.

« L’élégance du silence ou l’ennui du cloître ? » Burton semble vouloir protéger la femme Givenchy en l’enfermant dans une armure monacale.
Il y a un conflit entre la puissance de la veste peplum, qui évoque une femme d’affaires et l’effacement de l’identité imposé par ces gants et ces coiffes.

Austérité monacale : Pourquoi ça fait « Couvent » ?

  • Les Coiffes de Stephen Jones : Ces accessoires de tête rappellent directement les cornettes des religieuses ou les voiles de deuil. Cela enferme le visage et donne une allure de « pénitente » très austère.
  • La palette de couleurs : Un noir quasi omniprésent, des gris sourds, des blancs « hostie ». Aucune place pour la légèreté chromatique.
  • Le boutonnage haut : Beaucoup de cols montants, fermés jusqu’au menton, qui cachent le corps au lieu de le suggérer.

les looks qui ont retenus mon attention :

look 21

La Discorde Visuelle : Une cape à la coupe magistrale, malheureusement sabotée par des gants d’opéra aux motifs léopard.

look 37

Le Sommet Technique : L’apothéose du peplum. Une veste à basque sculptée avec une précision chirurgicale qui redéfinit la taille sablier. C’est ici que Burton justifie sa place : elle ne dessine pas, elle construit.

look 38

La Rigueur Sombre : Une variation minimaliste du tailoring architectural. Une silhouette qui se suffit à elle-même, prouvant que la structure est le seul ornement nécessaire cette saison.

look 46

Burton délaisse le scalpel pour le métier à tisser avec cette robe « effet tapisserie ».
C’est un retour au romantisme historique : une matière lourde, riche, qui impose une présence quasi sacrée au milieu de l’austérité ambiante.

Entre génie de la coupe et ennui clinique, la collection Automne Hiver 2026 de Givenchy ne laisse pas indifférent.
On retient le peplum comme une leçon de survie du tailoring, tout en regrettant un stylisme parfois oppressant. L’essentiel est dans la structure, le reste est à oublier.